jeudi 17 février 2011

Oui,il y a eu manipulation clanique

Lettre ouverte à Mostefa BOUCHACHI, Président de la LADDH
Par Kamel Daoud, vice président de la LADDH
Monsieur le Président, cher ami,

Parce qu'il n'existe pas de débat au sein des structures nationales de la Ligue depuis plusieurs mois, je me trouve dans l'obligation de rendre publique ma position en ma qualité de vice-président de la LADDH.

Raisonnablement faut quitter la Coordination pour le Changement et la Démocratie qui va dans tous les sens et dans la surenchère. Il est clair que la Ligue n'a ni l'expérience ni les moyens humains ou matériels de gérer des marches à répétition. Pour le moment n'y a pas de révolution à attendre de la rue algérienne. La rue a sa propre dynamique (émeute ou révolution, violente ou pacifique, ça dépend) et dans ce cas nous n'avons plus qu'à nous rhabiller et à nous fondre dans le peuple car de nouvelles forces, d'autres structures apparaitront, comme en Tunisie, comme en Égypte. Il serait alors dérisoire de nous prendre pour des meneurs de foules.
Pour le moment rien n'est tel: on fait seulement, involontairement peut-être, le jeu d'un clan du pouvoir contre un autre clan: la gestion par “les services” contre les effets d'annonce de Bouteflika (destinés d'ailleurs à l'étranger plus qu'à nous).

Comme il est clair que le DRS contrôle parfaitement le processus policier de manipulation à travers le RCD (Saadi a déclaré publiquement qu'il a rencontré récemment Toufiq qui lui a dit que l'Algérie va mal ).

La CN(R)CD est un jouet entre le DRS et Bouteflika: le départ de ce dernier est déjà programmé, de préférence avec le consentement de la foule (du peuple ?) C'est une question de timing et de choix du successeur.
La LADDH va perdre son âme si elle s'obstine dans cette démarche.
Notre boulot est de défendre les droits de l'homme, de les faire respecter, de dénoncer leurs violations et c'est déjà beaucoup pour notre organisation actuelle. Pour le moment nous devons nous en tenir là. L'action au sein des partis politiques ne fait pas partie de notre cahier des charges sauf modification de nos statuts. A chacun son travail.

Ni la CN(R)CD ni la LADDH seule ne tiennent l'avenir de la démocratie et des droits de l'homme entre leurs mains face à un pouvoir qui a déjà prouvé ses capacités de nuisance particulièrement répressives. La réalité est cruelle mais c'est la réalité du moment.

Je suis désolé d'être aussi direct par le canal des médias mais je n'ai pas eu d'autre choix.
(Source:blog Algérie politique)

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