dimanche 22 mai 2011

Only in Algeria(II):comment se prennent les décisions stratégiques en Algérie

Ci-dessus un extrait d'un témoignage de Belaid Abdesselam au sujet d'une polémique qui l'a opposé en 2007 au général d'opérette Khaled Nezzar sur les raisons qui auraient amené l'Algérie à demander le réechelonnement de sa dette extérieure en 1993.Dans sa mise au point à Belaid Abdesselam,Khaled Nezzar a fait par inadvertance une révélation qui n'a fait que l'enfoncer:le gouverneur de la banque d'Algérie de l'époque A. Keramane avait tenté de dissuader le HCE d'aller au réechelonnement,mais il lui aurait été répondu,avec une légereté déconcertante "que le séminaire prévu, à cet effet, avait toute compétence pour se prononcer ".Voila le gouverneur de la Banque d'Algérie,en principe la personne la mieux informée de la véritable situation financière du pays qui vient plaider pour le non-réechelonnement auprès d'une bande d'ignares,et ces derniers au lieu de l'écouter attentivement l'envoient promener sous prétexte qu'un seminaire allait se prononcer!
Cette polémique montre bien que la décision de réchelonner a été prise par un bande de généraux incultes à leur tête Khaled Nezzar et Mohamed Touati de connivence avec leurs amis affairistes à leur tête Issad Rebrab,et le chef du RCD Said Sadi qui était depuis 1989 un chaud partisan du réechelonnement.



Le Général NEZZAR rapporte que Monsieur Abdelwahab KERAMANE avait demandé audience au Président Ali KAFI, « pour nous dissuader d’aller au rééchelonnement de la dette » note le Général NEZZAR qui ajoute : « nous lui répondions que le séminaire prévu, à cet effet, avait toute compétence pour se prononcer ». Par de tels propos, Khaled NEZZAR ne peut mieux avouer que tout le scénario que l’on avait essayé de me faire endosser et dont on avait continué à dérouler les épisodes après mon limogeage, procédait d’une décision préétablie d’aller au rééchelonnement pour des motivations inavouables, que l’on avait couvertes par l’alibi du séminaire d’experts. Si réellement, il y avait péril en la demeure comme le soutient Khaled NEZZAR au sujet de nos moyens de paiement extérieurs, quelle meilleure occasion que celle de la visite du Gouverneur de la Banque d’Algérie pour s’informer de l’état de nos réserves, de la proportion revenant dans ces réserves à des «épargnants » privés, ainsi que de la situation des dettes arrivées à échéance et non honorées. Les termes mêmes employés par le Général NEZZAR pour évoquer la visite du Gouverneur de la Banque d’Algérie et l’accueil qui lui avait été réservé prouvent que les responsables, que Abdelwahab KERAMANE, dans sa bonne foi, croyait de son devoir d’éclairer sur la situation réelle de nos moyens de paiement extérieurs, ne voulaient entendre que ce qui allait dans le sens de leurs désirs cachés, c’est-à-dire leur volonté d’aller au rééchelonnement pour des motivations qui n’avaient aucun rapport avec notre capacité de faire face à nos engagements financiers avec l’extérieur. Prétendre être « inquiets de la situation que traversait notre économie » comme l’écrit Khaled NEZZAR et pratiquement rabrouer et congédier le Gouverneur de la Banque d’Algérie venu les éclairer sur cette situation, c’est reconnaître, on ne peut mieux ouvertement, que l’on est mus par des motivations autres que la recherche des moyens … rembourser notre dette. La manière même qu’emploie le Général NEZZAR pour relater comment le Gouverneur de la Banque d’Algérie avait été accueilli par lui et par le Président du HCE constitue un aveu explicite et suffisant que le recours au FMI avait été décidé ailleurs que là où il tente de le situer.

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