Des manifestations interdites puis empêchées dans la capitale, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) divisée un mois après sa création : le régime algérien n’a pas ménagé ses efforts pour entraver le mouvement de protestation né en Tunisie et qui s’est propagé en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Il a rapidement pris la mesure de l’ampleur de ces « révolutions » et a fait des concessions, dont la plus importante est la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 1992. Ces compromis ne seraient que les prémices d’un plan mis en place par les militaires après la chute de M. Ben Ali. C’est ce que révèle une source proche des services de sécurité algériens qui explique le positionnement actuel des autorités.
Tous les journalistes qui en ont fait la demande ont été accrédités par le ministère de l’intérieur et autorisés à couvrir les marches organisées par la CNCD, dont la première s’est tenue le 12 février dernier. Les médias algériens et étrangers avaient alors attiré l’attention sur le dispositif policier démesuré mis en place pour bloquer les marcheurs. Avec plus de 30 000 policiers pour 3000 manifestants, les organisateurs et les observateurs y avaient vu la preuve que la peur avait changé de camp.
ette conclusion mérite d’être relativisée, si l’on en croit notre informateur. Pour ce dernier, « les gouvernants ne redoutent aucune révolution. Ils sont confiants car ils savent que la police algérienne est plus professionnelle que les polices tunisienne et égyptienne. Ces manifestations sont maîtrisées à 100 %. » Il ajoute : « La CNCD est infiltrée et certains de ses membres ont été achetés. »
On s’étonne alors que le ministère de l’intérieur ait interdit un événement sous contrôle et arrêté certains des organisateurs. « Le pouvoir ne veut pas que la situation lui échappe, répond-il. La police est donc sommée de se préparer à tout. Maintenant, nous travaillons comme les Anglo-Saxons qui prônent “la gestion avec les résultats”. C’est pour cela que nous avons choisi d’attaquer la CNCD par le “fond”, en l’infiltrant, et non par la violence. Même les bombes lacrymogènes qui ont été acquises au Brésil pour l’occasion sont moins dangereuses que ce que la police utilisait dans le passé. »
Pourquoi avoir accrédité les journalistes étrangers ? La clef de l’énigme illustre la volonté du régime de soigner sa réputation : « L’image était choisie : une manifestation est interdite et les forces de l’ordre viennent faire respecter la loi. Il était important que les médias étrangers montrent qu’on ne réprime plus en Algérie comme on le fait en Tunisie ou en Egypte. »
Le jeudi 24 février, le chef de l’Etat algérien a ordonné la levée de l’état d’urgence instauré en 1992. Il satisfait ainsi la revendication principale de la CNCD. « La levée de l’état d’urgence, confie la même source, est déjà en partie effective. Par exemple, on ne peut plus mener des interpellations comme dans les années 1990 en embarquant des gens sans en aviser qui que ce soit. La main noire de l’Etat s’est retirée et nous sommes de plus en plus soumis à la justice. » Et pour ce qui est de la partie du dispositif encore en vigueur, « il lui sera mis un terme sur le papier seulement. Jamais la levée de l’état d’urgence ne sera totale ! »
D’autres « concessions » ont été prévues. Si les tensions sociales persistent, « ce sera Ahmed Ouyahia, le premier ministre, qui sera sacrifié. D’ailleurs, on a commencé à le marginaliser au sein du gouvernement. » Et comme cela ne suffira pas, « d’autres plans sont déjà prêts. C’est comme dans le foot, quand l’équipe A ne peut plus jouer, on envoie l’équipe B. Le nouveau gouvernement, déjà désigné, sera à l’image de l’administration tunisienne actuelle : il comptera des noms de divers horizons, même des partis de l’opposition. » Ce qui n’implique cependant pas un changement de régime. « Si la rue maintient la pression, ils sont prêts à sacrifier Bouteflika et à mettre quelqu’un d’autre à sa place ».
« Ils », ce sont les fameux « clans » qui « se partagent l’Algérie comme un gâteau ». « Il y a le clan du général Toufik (1), soutenu par trois autres généraux, et le clan de Bouteflika qui a promu au grade de général des militaires issus de sa région natale ». Cette lutte des clans est à l’origine de la révélation de plusieurs affaires de corruption touchant des personnalités haut-placées, et de l’assassinat du colonel Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté nationale, il y a un an.
Si, dans le passé, les rivalités claniques s’exprimaient dans la rue, cela ne se produit plus désormais. « Ils fonctionnent tous d’après la règle de “celui qui se fait prendre s’en va” (2). La discrétion est de rigueur. Par ailleurs, le partage du gâteau ne se fait plus en se servant directement dans la caisse, mais en profitant des dessous-de-table et des commissions acquises dans la distribution des marchés publics aux entreprises étrangères. C’est ce qui explique la domination des Chinois sur le marché algérien. Ceux-là “mangent et font manger”, alors que de nombreux bureaux d’études allemands ont préféré quitter l’Algérie parce qu’ils refusaient de les “nourrir”. » Les retards de livraison des marchés, à l’image du métro d’Alger, dont les travaux ont commencé en 1983, ne seraient donc pas dus à des problèmes techniques : « Les chantiers sont livrés tranche par tranche car cela permet de multiplier les interlocuteurs et donc d’empocher plus. »
Cela dit, la corruption en Algérie n’aurait permis à personne de s’enrichir autant que les dirigeants tunisiens et égyptiens, dont les fortunes sont évaluées à plusieurs milliards de dollars. « En Algérie, les fortunes des tous ceux qui dirigent ne seraient que de quelques millions de dollars par personne. » Des sommes généralement placées dans les pays européens. « Mais depuis que les Occidentaux ont décidé le gel des avoirs des Ben Ali et des Moubarak, ainsi que de leurs proches, les fortunes des dirigeants algériens en Europe sont en train d’être déplacées vers les pays du Golfe. »
Notre source tempère : « La logique clanique est en voie de disparition en Algérie. La plupart de ceux qui composaient les clans des années 1980 et 1990 se sont retirés du pouvoir et sont devenus des hommes d’affaires. »
En Egypte et en Tunisie, l’armée n’est pas intervenue pour mettre fin à la révolution ; elle a au contraire facilité son avènement. Or, en Algérie, tout le monde est convaincu qu’elle empêcherait un changement de régime. Car les véritables dirigeants sont des généraux et le président Abdelaziz Bouteflika s’est autoproclamé ministre de la défense nationale. Notre source assure pourtant que « l’armée ne réagira pas contre le peuple. Son rôle est désormais limité à la lutte antiterroriste. De plus, contrairement à la Tunisie et à l’Egypte, l’Algérie a décentralisé l’autorité militaire. Il y a cinq régions militaires et chaque responsable se débrouille tout seul. »
Le changement espéré par le peuple algérien serait donc loin. Les véritables décideurs auraient déjà tous établi des plans « qui ne mettent pas en danger la population ». « Mais le régime compte désormais des diplômés qui partagent les aspirations du peuple. Si ces civils n’ont pas le poids suffisant pour faire basculer le pouvoir, ils pourraient profiter de ce moment pour imposer un virage politique positif dans la gestion du pays. »
Amel B.
(1) Le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), les services secrets dirigés par le général Mohamed Mediène, dit Toufik, depuis 1990.
(2) Cette règle intitulée en arabe algérien « Lli ttah, rrah » (litt. « Qui tombe est perdu ») a déjà été appliquée au général Mohammed Betchine qui a subi, en 1998, une campagne virulente de dénonciations pour corruption. Le but était de faire démissionner le chef de l’Etat de l’époque, le général Liamine Zeroual, dont il était le conseiller. L’ex-milliardaire Moumen Rafik Khalifa a aussi fait l’expérience de la même règle.
vendredi 4 mars 2011
jeudi 3 mars 2011
Non-gouvernance
Des manifestants sortent-ils dans la rue pour protester contre la hausse des prix de l'huile et du sucre?Le gouvernement,pris de panique,décide aussitôt d'annuler sa décision d'imposer le paiement par chèque des transactions commerciales,et en même temps décide de supprimer les droits de douane et la TVA de ces deux produits.
Des étudiants décident-ils de se mettre en grève contre un degré présidentiel,et hop!le conseil des ministres décide aussitôt d'abroger ce decret.
Bref,malgré les 30 000 policiers déployés chaque samedi à Alger pour empêcher quelques centaines de bobos algérois en mal de sensations fortes de manifester,le pouvoir est faible et la population le sait.D'ailleurs la veille de la manif du 12 fevrier dernier,des dizaines d'habitants de Oued Ouchaiah ont squatté les appartements vides d'une cité fraîchement achevée.Leur raisonnement était simple:la police,qui avait fort à faire avec la manif des bobos algérois du lendemain,n'oserait pas ouvrir un nouveau "front" avec les habitants des quartiers populaires.Et on peut dire qu'ils ont vu juste puisque les autorités les ont laissés faire,et ce n'est que deux jours plus tard qu'elles sont allées les déloger.
Partout dans le pays,éclatent des émeutes,grèves,sit-ins,tentatives feintes ou réelles d'immolation.Et que fait le pouvoir devant cette situation?il poursuit une politique (ou plutôt une non-politique) populiste suicidaire pour l'avenir du pays:promesses d'octroi de crédits bancaires faramineux à des jeunes à peines sortis de l'adolescence,injonction aux entreprises publiques,déjà largement déséquilibrées par une politique économique incohérente,de recruter de nouveaux employés.Bref,les concessions sociales consenties par le gouvernement,n'ont d'égal que le vérouillage politique de plus en plus hermétique.
Bien sûr,avec la hausse des prix du pétrole(115 dollars aujourd'hui),le pouvoir algérien à de la marge,mais pour combien de temps encore?
Tout gouvernement,qu'il soit démocratique ou autoritaire,à besoin parfois,et même souvent de prendre des mesures impopulaires dans l'intérêt à long terme du pays et même du Régime,mais il semble bien que le régime algérien ne puisse plus se permettre un tel "luxe".D'où cette politique de fuite en avant actuelle qui est en fait le paroxysme de la non-gouvernance et qui de toute façon ne va pas mener bien loin.
Y a-t-il au sein de ce pouvoir quelqu'un capable de dire "stop!il est temps d'explorer d'autres voies"?Espérons-le,pour l'avenir de nos enfants.
Des étudiants décident-ils de se mettre en grève contre un degré présidentiel,et hop!le conseil des ministres décide aussitôt d'abroger ce decret.
Bref,malgré les 30 000 policiers déployés chaque samedi à Alger pour empêcher quelques centaines de bobos algérois en mal de sensations fortes de manifester,le pouvoir est faible et la population le sait.D'ailleurs la veille de la manif du 12 fevrier dernier,des dizaines d'habitants de Oued Ouchaiah ont squatté les appartements vides d'une cité fraîchement achevée.Leur raisonnement était simple:la police,qui avait fort à faire avec la manif des bobos algérois du lendemain,n'oserait pas ouvrir un nouveau "front" avec les habitants des quartiers populaires.Et on peut dire qu'ils ont vu juste puisque les autorités les ont laissés faire,et ce n'est que deux jours plus tard qu'elles sont allées les déloger.
Partout dans le pays,éclatent des émeutes,grèves,sit-ins,tentatives feintes ou réelles d'immolation.Et que fait le pouvoir devant cette situation?il poursuit une politique (ou plutôt une non-politique) populiste suicidaire pour l'avenir du pays:promesses d'octroi de crédits bancaires faramineux à des jeunes à peines sortis de l'adolescence,injonction aux entreprises publiques,déjà largement déséquilibrées par une politique économique incohérente,de recruter de nouveaux employés.Bref,les concessions sociales consenties par le gouvernement,n'ont d'égal que le vérouillage politique de plus en plus hermétique.
Bien sûr,avec la hausse des prix du pétrole(115 dollars aujourd'hui),le pouvoir algérien à de la marge,mais pour combien de temps encore?
Tout gouvernement,qu'il soit démocratique ou autoritaire,à besoin parfois,et même souvent de prendre des mesures impopulaires dans l'intérêt à long terme du pays et même du Régime,mais il semble bien que le régime algérien ne puisse plus se permettre un tel "luxe".D'où cette politique de fuite en avant actuelle qui est en fait le paroxysme de la non-gouvernance et qui de toute façon ne va pas mener bien loin.
Y a-t-il au sein de ce pouvoir quelqu'un capable de dire "stop!il est temps d'explorer d'autres voies"?Espérons-le,pour l'avenir de nos enfants.
Même pour être dictateur,il faut avoir un certain "talent"
Dans une dictature qui se respecte,lorsque les autorités mettent des entraves à l'action politique légale,en refusant par exemple de légaliser de nouveaux partis politiques,le but poursuivi est clair:il s'agit d'empêcher les forces d'opposition de se structurer et de constituer donc une alternative crédible au pouvoir en place.
Mais quelle est l'utilité d'une interdiction plus ou moins assumée publiquement de création de nouveaux partis politiques dans un pays comme l'Algérie où justement les partis d'opposition existants et même probablement à venir(hélas!) sont presque aussi discrédités que le pouvoir en place et où le signe distinctif des toutes les contestations populaires de ces derniers mois est de n'avoir à sa tête aucune force politique organisée?
Mais bof! quand on a un ministre de l'intérieur(Ould Kablia) de 78 ans qui succède à un autre ministre(Zerhouni) âgé de 75 ans,rien ne doit nous étonner.
Mais quelle est l'utilité d'une interdiction plus ou moins assumée publiquement de création de nouveaux partis politiques dans un pays comme l'Algérie où justement les partis d'opposition existants et même probablement à venir(hélas!) sont presque aussi discrédités que le pouvoir en place et où le signe distinctif des toutes les contestations populaires de ces derniers mois est de n'avoir à sa tête aucune force politique organisée?
Mais bof! quand on a un ministre de l'intérieur(Ould Kablia) de 78 ans qui succède à un autre ministre(Zerhouni) âgé de 75 ans,rien ne doit nous étonner.
La révolution en Algerie sortira-t-elle de l'université?
En tout cas,les étudiants n'ont pas attendu l'autorisation(qui ne viendra jamais)de Ould Kablia pour manifester en force à Alger.
Rassemblement de plus de 5000 mille étudiants devant le ministère
Plus de cinq mille étudiants tiennent un rassemblement devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique ce jeudi 3 mars. Les revendications des protestataires diffèrent d’une école et d’une université à une autre mais les étudiants ont décidé de réaliser des actions communes pour faire entendre leur voix à la tutelle.
Aux étudiants des huit grandes écoles et ceux des universités de Boumerdès, de Constantine, de Bejaïa qui ont déclenché le mouvement de contestation il y a près d’un mois, se sont joints ceux des facultés de Bouzareah et de Dély Brahim. « Ils ont d’autres revendications mais ils participent aujourd’hui au rassemblement. Des étudiants sont également venus de Dély Brahim », affirme ainsi un membre du comité autonome de l’ex-INPS. « Le décret N°10-315 relatif à la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires n’était qu’un déclencheur », nous explique un étudiant de l’Université des sciences et des technologies Houari Boumediene (USTHB).
Lors du dernier Conseil des ministres, ce décret présidentiel a été abrogé. La tutelle avait envoyé le lendemain une note aux différents établissements d’enseignement supérieur les instruisant d’entamer les débats pour l’élaboration de nouveaux textes avec la participation des étudiants et des enseignants. Cette énième tentative du gouvernement pour apaiser la communauté universitaire n’a pas eu l’effet escompté. Réunis il y a quelques jours, les étudiants des écoles supérieures et des universités ont décidé à l’unanimité de poursuivre leur mouvement de protestation.
« Même si on participe aux premières étapes de l’élaboration des textes, nous sommes exclus des phases décisives », fait remarquer un étudiants de l’USTHB. Les examens prévus en ce début du mois de mars ont été boycottés. Une grève de la faim ainsi qu’un sit-in devant la présidence de la République à El Mouradia n’est pas à écarter. « Une lettre pour le président de la République est en cours d’élaboration », indique un autre étudiant de l’université de Boumerdès.(tsa-algerie.com)
Rassemblement de plus de 5000 mille étudiants devant le ministère
Plus de cinq mille étudiants tiennent un rassemblement devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique ce jeudi 3 mars. Les revendications des protestataires diffèrent d’une école et d’une université à une autre mais les étudiants ont décidé de réaliser des actions communes pour faire entendre leur voix à la tutelle.
Aux étudiants des huit grandes écoles et ceux des universités de Boumerdès, de Constantine, de Bejaïa qui ont déclenché le mouvement de contestation il y a près d’un mois, se sont joints ceux des facultés de Bouzareah et de Dély Brahim. « Ils ont d’autres revendications mais ils participent aujourd’hui au rassemblement. Des étudiants sont également venus de Dély Brahim », affirme ainsi un membre du comité autonome de l’ex-INPS. « Le décret N°10-315 relatif à la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires n’était qu’un déclencheur », nous explique un étudiant de l’Université des sciences et des technologies Houari Boumediene (USTHB).
Lors du dernier Conseil des ministres, ce décret présidentiel a été abrogé. La tutelle avait envoyé le lendemain une note aux différents établissements d’enseignement supérieur les instruisant d’entamer les débats pour l’élaboration de nouveaux textes avec la participation des étudiants et des enseignants. Cette énième tentative du gouvernement pour apaiser la communauté universitaire n’a pas eu l’effet escompté. Réunis il y a quelques jours, les étudiants des écoles supérieures et des universités ont décidé à l’unanimité de poursuivre leur mouvement de protestation.
« Même si on participe aux premières étapes de l’élaboration des textes, nous sommes exclus des phases décisives », fait remarquer un étudiants de l’USTHB. Les examens prévus en ce début du mois de mars ont été boycottés. Une grève de la faim ainsi qu’un sit-in devant la présidence de la République à El Mouradia n’est pas à écarter. « Une lettre pour le président de la République est en cours d’élaboration », indique un autre étudiant de l’université de Boumerdès.(tsa-algerie.com)
L'ouverture politique à "l'algérienne".
Pas de nouveaux partis politiques.
Pas de chaînes de télé et de radio privées.
Pas d'autorisation pour des manifs à Alger(et pour le reste du pays d'ailleurs).
Pas de chaînes de télé et de radio privées.
Pas d'autorisation pour des manifs à Alger(et pour le reste du pays d'ailleurs).
mercredi 2 mars 2011
Bizarre bizarre
Quelle mouche a bien pu piquer les deux quotidiens francophones Liberté et El Watan à publier le même jour deux article relatant une même anecdote qui a eu lieu il y a près de quarante ans et qui avait pour "héros" le président Boumedienne et le leader libyen Mouamar Kadhafi?L'actualité peut-elle tout expliquer?Remarquez que les deux articles,reproduits ci-dessous,comportent des passages identiques presque mot pour mot.
Article de Liberté:
Quand Kadhafi se faisait reprendre par Boumediene
Échange entre “zaïms” sur la culture des Algériens
À la fin d’un dîner de sommet arabe des années 1970, Kadhafi fut pris d’un malaise. Ne pouvant mettre la main sur son médecin, Boumediene lui propose les services de son docteur. “D’accord, répond le “guide”, mais ça m’étonnerait qu’il comprenne l’arabe, les médecins algériens étant formés par la France et, peut-être, sera-t-il gêné par l’inconfort de la khaïma, habitués que sont vos médecins au luxe parisien… ?” Devant ces insinuations sur l’inculture et l’influence dont souffrent les Algériens, Boumediene rétorque : “Tu auras toujours intérêt, mon cher Mouammar, à fréquenter les Algériens. Mon médecin est medersien et excellent bilingue, en plus d’être très bon clinicien. Il va soulager tes maux, mais connaissant ton penchant pour la poésie arabe, tu auras le privilège d’apprendre, avec lui, quelques notions de “balagha”, des Mou’alakat et les différences de style entre Imr-ou-El-Kaïs et Zoheïr Ibnou Abi Salma. Il peut t’entretenir de science, de fiqh, d’histoire des civilisations et de littérature latine, et non pas uniquement française. Et pour la khaïma, c’est un fils d’une région du Sahara, connue par sa race ovine, ses palmiers et par ses poètes ; il a grandi dans une tente moins luxueuse, éclairée à la bougie et dotée de lait de chamelle !”
Article d'El Watan:
L'anecdote de Boumedienne et El Gueddafi
Qui ne connaît pas l’ire, les singeries, les sautes d’humeur et les écarts de langage du scénique personnage libyen El Gueddafi, particulièrement envers les dirigeants arabes.
Son outrecuidance le poussait, lors de chaque sommet ou réunion, à malmener un chef d’Etat ou un monarque, enfreignant toutes les règles protocolaires et allant jusqu’à créer des crises diplomatiques pour son pays. Néanmoins, les plus aguerris vous diront qu’il fut une époque où cet «enragé» avait bien un «dompteur». En effet, bien que cette époque et la notion du «zaïmisme arabe» soient révolues depuis le départ des grandes figures du monde arabe, les orfèvres en la matière doivent certainement regretter le défunt président algérien Houari Boumediène, car il était le seul dirigeant arabe qui pouvait remettre El Gueddafi à sa place.
Ainsi, on raconte que durant les années 1970, lors d’un dîner organisé par El Gueddafi, à l’occasion d’un sommet arabe ayant réuni, en plus du défunt président algérien Houari Boumediène, des souverains, des chefs d’Etat et des émirs arabes, le dirigeant libyen fut pris d’un léger malaise. Alerté et pris de panique, le service protocolaire chercha son médecin personnel, mais personne ne le trouva (plus tard, on saura que ce dernier, las, était rentré chez lui). Ayant été informé par Allahoum, chef du protocole à l’époque, que le médecin algérien était dans la seconde khaïma (réservée aux accompagnateurs et les services de protection), Boumediène proposa amicalement, à son «ami» El Gueddafi les services du médecin de la délégation algérienne.
Orgueilleux, frénétique et n’ayant pas admis les services d’autrui sur son propre sol, surtout de la part de son rival régional, il refusa dans un premier temps avant de se rendre à l’évidence et accepta, avec amertume, l’assistance de Boumediène. Néanmoins, pour laver cet affront et répliquer en même temps à cette «offense», le colonel El Gueddafi lança à l’encontre de Boumediène son grain de sel habituel sur un ton moqueur devant tous les dirigeants arabes présents : «D’accord, mais je ne sais pas si ton toubib me sera utile, car ça m’étonnerai qu’il puisse comprendre l’arabe et peut-être sera-t-il gêné par l’inconfort de la khaïma puisque nous savons tous que les médecins algériens formés par la France sont tellement habitués au luxe parisien…»
Boumediène comprit vite le sous-entendu d’El Gueddafi et l’insinuation de son intervention. Mal lui en prit, car Boumediène, en plus d’être un homme avisé et prévoyant avait la faculté de connaître minutieusement tout le personnel présidentiel et pour la circonstance, le médecin présidentiel algérien était un médersien, excellent francophone et arabophone, qui en plus d’être un brillant clinicien, avait une immense culture dans plusieurs domaines. Ce à quoi Boumediène rétorqua, d’une manière subtile à El Gueddafi, avec le large sourire qu’on lui connaît et le cigare à la main : «Comme tu le sais, mon frère Mouammar, les Algériens te seront toujours utiles ! Mon médecin va non seulement soulager tes maux, mais connaissant ton penchant pour la poésie arabe, tu auras le privilège d’apprendre avec lui quelques notions sur la balagha, les mouaâllakat et les différences de style entre Imrou El Kaïs et Zoheir Ibnou Abi Salma ; et si tu me le permets, je peux le détacher pour quelques jours, en Libye, pour disserter avec lui sur la science, le fiqh, l’histoire des civilisations et sur toute la littérature latine, particulièrement italienne et non pas uniquement française.
nfin, pour la khaïma, ne te sens pas gêné vis-à-vis de lui, parce qu’il est issu du même milieu que toi ; c’est un fils d’une région de notre cher Sahara, connue par sa race ovine, ses palmiers et par ses poètes ; il a grandi dans une ‘‘moins luxueuse’’ khaïma que celle qui nous abrite, mais équipée d’une bougie, pour éclairer ses longues nuits, d’une outre pour étancher sa soif, sans oublier la terrine dans laquelle il s’abreuvait de lait de chamelle !» Le Sahara, le palmier, la khaïma, la poésie, l’outre, la terrine et le lait de chamelle ont toujours été les constantes socioculturelles chères aux dirigeants et souverains arabes par lesquelles Boumediène voulait non seulement clouer le bec à El Gueddafi, mais aussi une mise en garde, par ricochet, à tous les dirigeants arabes présents qui osaient prendre au sérieux les sottises du «fou» libyen ou mettaient en doute les constantes et les racines de l’Algérie.
Article de Liberté:
Quand Kadhafi se faisait reprendre par Boumediene
Échange entre “zaïms” sur la culture des Algériens
À la fin d’un dîner de sommet arabe des années 1970, Kadhafi fut pris d’un malaise. Ne pouvant mettre la main sur son médecin, Boumediene lui propose les services de son docteur. “D’accord, répond le “guide”, mais ça m’étonnerait qu’il comprenne l’arabe, les médecins algériens étant formés par la France et, peut-être, sera-t-il gêné par l’inconfort de la khaïma, habitués que sont vos médecins au luxe parisien… ?” Devant ces insinuations sur l’inculture et l’influence dont souffrent les Algériens, Boumediene rétorque : “Tu auras toujours intérêt, mon cher Mouammar, à fréquenter les Algériens. Mon médecin est medersien et excellent bilingue, en plus d’être très bon clinicien. Il va soulager tes maux, mais connaissant ton penchant pour la poésie arabe, tu auras le privilège d’apprendre, avec lui, quelques notions de “balagha”, des Mou’alakat et les différences de style entre Imr-ou-El-Kaïs et Zoheïr Ibnou Abi Salma. Il peut t’entretenir de science, de fiqh, d’histoire des civilisations et de littérature latine, et non pas uniquement française. Et pour la khaïma, c’est un fils d’une région du Sahara, connue par sa race ovine, ses palmiers et par ses poètes ; il a grandi dans une tente moins luxueuse, éclairée à la bougie et dotée de lait de chamelle !”
Article d'El Watan:
L'anecdote de Boumedienne et El Gueddafi
Qui ne connaît pas l’ire, les singeries, les sautes d’humeur et les écarts de langage du scénique personnage libyen El Gueddafi, particulièrement envers les dirigeants arabes.
Son outrecuidance le poussait, lors de chaque sommet ou réunion, à malmener un chef d’Etat ou un monarque, enfreignant toutes les règles protocolaires et allant jusqu’à créer des crises diplomatiques pour son pays. Néanmoins, les plus aguerris vous diront qu’il fut une époque où cet «enragé» avait bien un «dompteur». En effet, bien que cette époque et la notion du «zaïmisme arabe» soient révolues depuis le départ des grandes figures du monde arabe, les orfèvres en la matière doivent certainement regretter le défunt président algérien Houari Boumediène, car il était le seul dirigeant arabe qui pouvait remettre El Gueddafi à sa place.
Ainsi, on raconte que durant les années 1970, lors d’un dîner organisé par El Gueddafi, à l’occasion d’un sommet arabe ayant réuni, en plus du défunt président algérien Houari Boumediène, des souverains, des chefs d’Etat et des émirs arabes, le dirigeant libyen fut pris d’un léger malaise. Alerté et pris de panique, le service protocolaire chercha son médecin personnel, mais personne ne le trouva (plus tard, on saura que ce dernier, las, était rentré chez lui). Ayant été informé par Allahoum, chef du protocole à l’époque, que le médecin algérien était dans la seconde khaïma (réservée aux accompagnateurs et les services de protection), Boumediène proposa amicalement, à son «ami» El Gueddafi les services du médecin de la délégation algérienne.
Orgueilleux, frénétique et n’ayant pas admis les services d’autrui sur son propre sol, surtout de la part de son rival régional, il refusa dans un premier temps avant de se rendre à l’évidence et accepta, avec amertume, l’assistance de Boumediène. Néanmoins, pour laver cet affront et répliquer en même temps à cette «offense», le colonel El Gueddafi lança à l’encontre de Boumediène son grain de sel habituel sur un ton moqueur devant tous les dirigeants arabes présents : «D’accord, mais je ne sais pas si ton toubib me sera utile, car ça m’étonnerai qu’il puisse comprendre l’arabe et peut-être sera-t-il gêné par l’inconfort de la khaïma puisque nous savons tous que les médecins algériens formés par la France sont tellement habitués au luxe parisien…»
Boumediène comprit vite le sous-entendu d’El Gueddafi et l’insinuation de son intervention. Mal lui en prit, car Boumediène, en plus d’être un homme avisé et prévoyant avait la faculté de connaître minutieusement tout le personnel présidentiel et pour la circonstance, le médecin présidentiel algérien était un médersien, excellent francophone et arabophone, qui en plus d’être un brillant clinicien, avait une immense culture dans plusieurs domaines. Ce à quoi Boumediène rétorqua, d’une manière subtile à El Gueddafi, avec le large sourire qu’on lui connaît et le cigare à la main : «Comme tu le sais, mon frère Mouammar, les Algériens te seront toujours utiles ! Mon médecin va non seulement soulager tes maux, mais connaissant ton penchant pour la poésie arabe, tu auras le privilège d’apprendre avec lui quelques notions sur la balagha, les mouaâllakat et les différences de style entre Imrou El Kaïs et Zoheir Ibnou Abi Salma ; et si tu me le permets, je peux le détacher pour quelques jours, en Libye, pour disserter avec lui sur la science, le fiqh, l’histoire des civilisations et sur toute la littérature latine, particulièrement italienne et non pas uniquement française.
nfin, pour la khaïma, ne te sens pas gêné vis-à-vis de lui, parce qu’il est issu du même milieu que toi ; c’est un fils d’une région de notre cher Sahara, connue par sa race ovine, ses palmiers et par ses poètes ; il a grandi dans une ‘‘moins luxueuse’’ khaïma que celle qui nous abrite, mais équipée d’une bougie, pour éclairer ses longues nuits, d’une outre pour étancher sa soif, sans oublier la terrine dans laquelle il s’abreuvait de lait de chamelle !» Le Sahara, le palmier, la khaïma, la poésie, l’outre, la terrine et le lait de chamelle ont toujours été les constantes socioculturelles chères aux dirigeants et souverains arabes par lesquelles Boumediène voulait non seulement clouer le bec à El Gueddafi, mais aussi une mise en garde, par ricochet, à tous les dirigeants arabes présents qui osaient prendre au sérieux les sottises du «fou» libyen ou mettaient en doute les constantes et les racines de l’Algérie.
mardi 1 mars 2011
Rachid Boudjedra:l'escargot étêté
Invité par le journal El Watan à donner son opinions sur les manifs organisées chaque samedi par la CNCD à Alger,l'écrivain Rachid Boudjedra s'est lancé dans un long discours totalement farfelu et truffé de contre-vérités hallucinantes.Ainsi,il commence par prétendre qu'il a fait partie de la Ligue des droits de l'homme pendant trois ans.De quelle ligue des droits de l'homme parle-t-il?Je soupçonne fortement Boudjedra d'avoir fait exprès de ne pas préciser ce point pour ne pas être pris en flagrant délit de mensonge.S'il voulait parler de LADH actuellement dirigée par Boudjemaâ Ghechir,effectivement,il a fait partie des fondateurs de cette ligue.Le hic,car il y a un hic,c'est que cette ligue n'est pas partie prenante de la CNCD.En fait,c'est l'autre ligue,la LADDH,présidée par Mustapha Bouchachi qui fait partie de la composante de la CNCD.Pourquoi une telle confusion?cherche-t-il à dissimuler sa participation à la fondation d'une ligue dont la création ,en 1987,a été inspirée par le ministre de l'intérieur de l'époque El Hadi Khediri dans le seul but de contrer la ligue que venait de créer quelques mois plus tôt Me Ali-Yahia.Les "fondateurs" de cette ligue(dont R.Boudjedra) à leur tête Miloud Brahimi ont même été reçus par le président de l'époque Chadli Bendjedid,et la ligue a reçu son agrément sans problème,et tout ça en plein parti unique et à une époque où seules les organisations de "masse"(UGTA,UNJA...)organiquement affiliées au FLN et inféodées au pouvoir avaient le droit d'activer légalement.R.Boudjedra cherche-t-il à masquer ce passé peu glorieux?Très plausible,d'autant plus qu'il s'en prend ensuite très violemment à Me Ali-Yahia,l'accusant d'avoir "défendu le GIA"(une accusation grotesque),et "d'avoir été pour Sant'Egidio"(comme si c'était un crime).
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